Qui sommes-nous ?
Nous sommes d'abord deux sœurs Buchet, et autour de nous, nos familles.
Il y a Sandrine, son mari Hervé, urbaniste, qui n'est qu'un autre enfant de la Yaute, originaire de Viuz-en-Sallaz,
et leurs deux enfants, Esteban et Kyara.
Il y a Axelle, son compagnon Philippe, et leur fille, Camille.
Mais avant d'être ces familles d'aujourd'hui, nous avons été deux petites filles de Marnaz.
Nous n'avons pas grandi dans une villa, mais en location, dans une petite maison de 50 m², rue des Pierrières.
Un lieu modeste, mais fondateur.
Nous avons usé les bancs de l'école maternelle, puis de l'école primaire.
Et quand on évoque ces années-là, ce sont des images très précises qui nous reviennent :
- L'odeur de la cire sur les petits bureaux en bois, dans la classe de CP de Mme Verjus, peut-être la dernière année avant qu'ils ne soient mis au rebut,
- La fierté d'être enfin parmi les "grands", dans la classe du très respecté M. Reviron,
- Le voyage en péniche sur le Canal du Midi avec M. Roulier,
- Le plus beau moment de l'année : le film de Noël dans l'ancienne salle des fêtes, avec les oranges et les chocolats,
- Les rues enneigées, les descentes en luge sur le Loisin,
- Le carnaval, ses chars, ses confettis, et son fameux goûter,
- Les entraînements du mardi soir aux Majorettes, et les défilés du dimanche matin pour accompagner la fanfare...
Puis est venu le temps du collège, au Crozet.
- Les trajets en bus, les franches rigolades,
- Les longues balades à vélo dans la vallée avec les copines, jusqu'à Cluses, jusqu'à la piscine, jusqu'aux lacs de Thyez...
- Les vacances d'été au lac de Passy (car nous ne sommes jamais allées à la mer).
Puis ce fut le lycée Charles-Poncet, à Cluses, où Sandrine a notamment rencontré celui qui allait devenir son mari, Hervé.
Après la vente de la société L.H. Buchet par leur père en 1992, la famille a quitté Marnaz pour s'installer à Ayze, au moment même où l'aînée commençait ses études supérieures.
Voilà d'où nous venons.
Voilà ce qui nous a construites.
Pourquoi sommes-nous opposés à ce projet à titre familial ?
Ce terrain, ce bâtiment, nous ne les avons pas achetés pour spéculer.
Nous en avons hérité en 2015, en indivision, nous, les deux sœurs Buchet.
C'est à ce moment que nous avons découvert que notre parcelle
était intégrée dans l'OAP n°10 dite "Le Bruaz" du PLU de Marnaz,
avec celle de notre voisin M. Dubourgeal au sud.
1. l'OAP
Cette OAP toujours en vigueur prévoit la réalisation de 30 à 50 logements sur l'ensemble des terrains concernés (Buchet/Dubourgeal), ainsi que la conservation de la maison-usine.
https://www.marnaz.fr/urbanisme-amenagement
Une OAP, ce n'est pas un cadre souple.
C'est une contrainte lourde, qui a été soumise à enquête publique lors de la révision du PLU.
Elle retire au propriétaire l'essentiel de sa liberté.
Nous avons deux choix, et deux seulement :
- Ne rien faire.
- Construire (ou faire construire par un promoteur) , conjointement avec notre voisin M. Dubourgeal, un nombre de logements compris entre 30 et 50 en respectant les prescriptions de l'OAP.
Mais nous ne pouvons pas vendre librement.
Nous ne pouvons pas vendre à la découpe les terrains.
Nous ne pouvons pas transmettre à nos enfants, sauf à notre mort.
Et si nous vendons, le terrain est soumis au droit
de préemption, valable sur toute la commune.
Nous avons donc joué le jeu.
Nous avons étudié l'OAP.
Nous avons rencontré la Mairie à plusieurs reprises dès 2015.
Nous avons expliqué que les contraintes techniques de l'OAP rendaient le projet difficilement réalisable :
organisation spatiale, contraintes réglementaires de stationnement et d'accès...
Nous avons proposé de réfléchir conjointement avec les services de la Mairie pour rendre l'OAP viable.
En février 2022, on nous a dit :
"Arrêtez de réfléchir. Nous reviendrons vers vous car nous lançons
une étude du centre-ville à l'aide du dispositif PVD (Petites Villes de Demain)."
2. L'attente
Dans l'attente, nous avons mis en location le terrain vierge pour le pâturage de chevaux,
nous avons remis en fonctionnement le bâtiment usine avec plusieurs activités
afin de petit à petit redonner vie au site pour engager sa rénovation.
3. la ZAC
Quelle ne fut pas notre surprise quand la Mairie nous a informés en présence de l'aménageur Terractem, une heure seulement avant la réunion de présentation des conclusions de l'étude Petite Ville de Demain en juillet 2023 que notre terrain allait être intégré dans le périmètre d'une future ZAC.
Qu'est ce que cela change par rapport à l'OAP ?
Avec la ZAC, ce ne sont plus 50 logements.
Ce sont 75 logements sur un périmètre qui intègre en plus l'ancienne usine Dancet.
Il n'est pas prévu de réhabilitation du bâtiment patrimonial, donc ce sera sa démolition pure et simple.
Le stationnement redevient pour partie surfacique.
Dans ce projet, notre terrain sera imperméabilisé à 80% (bâtiments et parkings)
comme le montre ce schéma d'aménagement.
Nous déplorons sa faible qualité environnementale puisqu'il bétonne des terrains en pleine terre
(actuellement des champs et des vergers).
https://www.registre-dematerialise.fr/6955/download/component/129136/projet-dossier-de-creation-zac-marnaz-coeur-de-ville-juillet-2025
Mais surtout, avec la ZAC, nous perdons ce qu'il nous restait encore : la liberté de garder notre terrain.
La ZAC, c'est aussi un outil juridique qui permet l'expropriation pour raison d'intérêt général.
Autrement dit, si nous refusons, on peut nous forcer à vendre, au prix imposé par l'aménageur.
Parce que nous avons hérité,
parce que nous n'habitons pas ici,
nous devrions accepter de céder le patrimoine familial,
pour qu'aménageur et futurs promoteurs réalisent des opérations lucratives,
le tout sous couvert d'intérêt général ???
La ZAC, c'est aussi un outil de spoliation du droit de propriété.
Notre position
Nous ne sommes pas opposés à la création de logements.
Nous ne sommes pas opposés au développement et au dynamisme de la commune.
Nous sommes opposés à une procédure qui confisque les droits des propriétaires et qui ne les associe pas au devenir de leur bien.
Signer la pétition contre la ZACNous continuerons à nous exprimer sur ce projet afin d'en exposer toutes les faiblesses.
Au final, ce n'est pas seulement la famille Buchet qui sera impactée, c'est l'ensemble des familles marnerotes.
Les impacts sont nombreux, tant sur le plan financier, avec la baisse des prix de l'immobilier ancien, que sur celui de l'environnement et du cadre de vie, marqué par l'augmentation de la pollution et des nuisances (circulation, pénurie de stationnements, manque d'eau potable, chantiers permanents…). S'y ajoute une dégradation de la qualité de vie et du bien-être, liée à la disparition progressive de l'esprit de village cher aux Marnerotes et aux Marnerots.